Simplicité | L’habit fait l’homme
série : Facile à utiliser. Silencieux. Présent. | Texte biblique : Luc 12,22–31 ; Genèse 3,7–10 et 21
Les vêtements en disent long sur ce qu’on est à l’intérieur et sur ce qui nous fait nous sentir valorisés et nous donne notre identité. On essaie souvent de cacher notre manque d’assurance et notre honte. Dieu nous invite à ne pas définir notre valeur par notre apparence, mais à recevoir notre identité de lui. La simplicité, ça veut dire : je n’ai pas besoin de prouver qui je suis à travers mes vêtements.
Aujourd’hui, on en est à la deuxième prédication sur la simplicité. Il ne s’agit pas de la simplicité en soi, mais elle doit nous aider à honorer Dieu à travers toute notre vie. C’est l’expression d’une réalité intérieure qui se manifeste alors à l’extérieur sous forme de simplicité. Dimanche dernier, j’ai prêché sur le cœur et la parole. Au cœur de la simplicité, il y a la question de l’identité. Qui suis-je ? C’est encore le sujet d’aujourd’hui. Ça concerne nos vêtements et ce qu’ils font de nous !
Quand je sortais encore avec des gens, je demandais toujours à quelqu’un ce que je valais avant de sortir de chez moi. Je faisais vraiment beaucoup d’efforts. Je voulais faire bonne impression, c’est pour ça que mon apparence comptait beaucoup pour moi. Aujourd’hui encore, je réfléchis toujours longuement à ce que je vais porter. C’est pareil pour toi ? Tu sais quoi ? Les autres ne le remarquent même pas, parce qu’ils sont trop occupés à penser à eux-mêmes !
Ce que les vêtements nous font
Dans la lecture, on a parlé de l’inquiétude. Jésus fait le lien entre notre inquiétude pour la vie et celle pour les vêtements. « Est-ce que toutes vos inquiétudes peuvent prolonger votre vie ne serait-ce que d’un seul instant ? Bien sûr que non ! Et si vos inquiétudes ne servent à rien, même pour des choses aussi insignifiantes, à quoi ça sert de s’inquiéter pour des choses plus importantes ? Regarde donc les lys, comme ils poussent. Ils ne travaillent pas et ne cousent pas leurs vêtements, et pourtant, Salomon, dans toute sa splendeur, n’était pas aussi bien habillé que l’un d’entre eux. » (Luc 12,25–27 NLB). La peur dont parle Jésus est une peur plus profonde. C’est-à-dire la façon dont on nous perçoit à travers notre corps. Donc pas seulement : « Comment vais-je survivre ? », mais aussi : « Quelle impression est-ce que je donne ? ». Il y a là une forme saine et une forme malsaine !
Mais qu’est-ce qui se cache derrière tout ça ? C’est quoi, cette peur profonde ? Pour le savoir, on plonge dans le jardin d’Éden. Adam et Ève ont mangé le fruit de l’arbre qui leur a ouvert la connaissance du bien et du mal. « À ce moment-là, leurs yeux s’ouvrirent et ils se rendirent compte d’un coup qu’ils étaient nus. Ils tressèrent donc des feuilles de figuier pour se faire des pagnes. Le soir venu, quand la fraîcheur s’installa, ils entendirent Dieu, le Seigneur, se promener dans le jardin. Ils se sont alors cachés parmi les arbres. Dieu, le Seigneur, a appelé Adam : ‚ Où es-tu ? ‘ Celui-ci a répondu : ‚ Quand j’ai entendu tes pas dans le jardin, je me suis caché. J’avais peur parce que je suis nu. ‘ » (Genèse 3,7–10 NLB). C’est la première fois qu’on parle de la peur ! Et ils avaient peur parce qu’ils étaient nus ! Adam et Ève ont pris conscience de leur éloignement par rapport à ce que Dieu attendait d’eux (leur péché), et ils ont eu honte. Les vêtements, c’est la réponse des humains au péché. Ils se font des vêtements par peur. Nous, les humains, on vit avec la honte, ce sentiment d’être mauvais et indigne d’être aimé, et la peur que les autres s’en rendent compte. La honte, c’est un sentiment désagréable et profond d’embarras ou d’humiliation, souvent accompagné d’un sentiment d’insuffisance. Le serpent, qui les a séduits tous les deux, sème le doute sur l’amour de Dieu. Les vêtements nous donnent l’impression d’être quelqu’un ! Au sens figuré, mais aussi dans leurs effets. « À ce moment-là, leurs yeux s’ouvrirent et ils se rendirent compte d’un coup qu’ils étaient nus. C’est pourquoi ils tressèrent des feuilles de figuier pour se faire des pagnes. » (Genèse 3,7 NLB). Ils se fabriquent des vêtements avec des feuilles de figuier. Ils se débrouillent tout seuls. Les gens essaient de cacher leur nudité par leurs propres moyens.
Notre expérience
Jésus nous explique dans le texte de la lecture comment on ne doit pas se comporter vis-à-vis des vêtements, mais Paul le dit aussi ici : « Partout où vous vous réunissez, je voudrais que les hommes, quand ils prient, lèvent vers Dieu des mains pures. Elles ne doivent pas être souillées par la colère et les disputes. Et je veux que les femmes fassent preuve de discrétion dans leur apparence, en s’habillant décemment et en n’attirant pas l’attention par leur coiffure, ni par de l’or, des perles ou des vêtements somptueux. Car les femmes qui veulent honorer Dieu doivent séduire par leurs bonnes actions. » (1 Timothée 2,8–10 NLB). Ce texte a souvent été détourné pour servir l’oppression. Mais il nous montre plutôt comment vivre d’une manière qui plaît à Dieu ! Au fond, l’essentiel, c’est que notre apparence reflète ce qu’il y a à l’intérieur – que ce soit dans notre relation avec Dieu ou entre nous. Des vêtements et des bijoux coûteux peuvent indiquer que notre cœur est attaché aux biens matériels. La colère et les disputes montrent qu’il manque de la paix, de la patience et du pardon. Je voudrais ici mettre l’accent sur les vêtements et dire, chers hommes, que ça vaut aussi pour nous ! Si ce passage nous apprend quelque chose, c’est bien ça : les vêtements, c’est important !
Un autre texte aborde aussi ce sujet : « Ne vous souciez pas de la beauté extérieure, celle qui repose sur des coiffures à la mode, des bijoux coûteux ou de beaux vêtements. Votre beauté doit venir de l’intérieur : c’est la beauté éternelle d’un cœur bienveillant et paisible, que Dieu apprécie tant » (1 Pierre 3,3–4 NLB). Là encore, ce sont les femmes qui sont visées, et ça ressemble encore à une restriction. Comme je l’ai dit, on va se pencher sur le thème de la simplicité. Il s’agit de comprendre pourquoi on agit comme on le fait !
Pierre nous dit : « Ne choisis pas tes vêtements pour faire de l’effet sur les autres ! » C’est ça, notre peur profonde ! Le problème, c’est que si j’ai besoin que les gens voient ma beauté, ça veut dire que je ne suis pas conscient de ma beauté ! Si un certain style me donne le sentiment d’appartenir à un groupe, c’est que je ne suis pas conscient de mon appartenance ! Si je dois porter des vêtements chers pour me sentir valorisé, c’est que je ne suis pas conscient de ma valeur. Pierre dit que la beauté vient de l’intérieur ! C’est pourquoi les disciples de Jésus sont invités à consacrer leur attention et leur énergie à leur beauté intérieure.
Je ne dis pas qu’il faut te vêtir uniquement de sac et de cendres, peu importe ton apparence. Ce qui compte, c’est ce que tes vêtements te font ressentir et ce qu’ils expriment à ton sujet ! Les vêtements, ça communique ! Et tout comme la langue, ils le font tout le temps ! Jésus, Pierre et Paul nous invitent à emprunter un chemin pour nous libérer de la peur et de la honte. Nous, les humains, on est tenté de cacher notre vrai moi ou de le mettre trop en avant. Les vêtements jouent un rôle important là-dedans. On en a besoin pour exprimer différentes choses : notre indifférence, l’importance d’un événement, le fait de se trouver beau, notre volonté de se démarquer, notre envie de provoquer ou notre sentiment d’appartenance. Une autre façon d’aborder notre nudité, c’est de mettre énormément l’accent sur notre corps pour détourner l’attention de nos points faibles. « Il y en a beaucoup dont le corps est richement vêtu, mais dont l’âme est en haillons, tandis que d’autres, dont les vêtements sont déchirés et usés, rayonnent de gloire de l’intérieur. » (Frederick Brotherton Meyer).
La réponse de Dieu
Au fond, on se retrouve tous nus devant Dieu. Récemment, mon fils aîné m’a demandé : « Maman, est-ce qu’on va voir Dieu tout nus ? » Tu sais quoi ? On l’est déjà. Cette nudité devant Dieu nécessite une « expiation ». L’expiation, c’est un acte qui permet de réparer ses torts. Nous, les humains, on essaie sans cesse de le faire en faisant de bonnes actions, en étant des gens bien et honnêtes, et c’est comme ça qu’on veut plaire à Dieu. Mais tout ça, c’est juste de l’apparence et ça détourne l’attention de notre nudité ! Or, elle est bien là, sous nos vêtements !
Seul Dieu peut couvrir nos faiblesses au plus profond de nous-mêmes – et c’est ce qu’il fait ! « Et le Seigneur Dieu fit à Adam et à sa femme des vêtements en peaux d’animaux et les leur fit porter » (Genèse 3,21 NLB). Les vêtements, c’est un cadeau de Dieu pour couvrir notre corps, notre péché et notre honte avec la beauté de Dieu lui-même. Au final, c’est justement l’amour de Dieu, celui dont Ève et le serpent ont douté, qui nous sauve !
C’est seulement quand on réalise que Dieu prend soin de nous tels qu’on est (nus devant lui) qu’on peut se libérer de la honte, du péché et de la peur. Le salut que Dieu nous offre passe par l’effusion de sang. À l’époque, dans le jardin d’Éden, du sang a été versé pour couvrir Adam et Ève. Jésus-Christ a versé son sang et a ainsi couvert notre honte et notre culpabilité devant Dieu. C’est pourquoi on n’a pas besoin de s’habiller pour détourner l’attention de quelque chose. Il s’agit plutôt de revêtir Jésus-Christ. «Retire tout cela et revêts un nouveau vêtement : Jésus-Christ, le Seigneur. […]» (Romains 13,14 NGÜ). Un disciple de Jésus agit parce qu’il est revêtu. Une personne religieuse agit pour se revêtir.
Comment adopter une relation saine avec les vêtements ? Je me suis inspiré d’un sermon à ce sujet.
Premièrement : laisser tomber la mode pour privilégier le style. La mode change tout le temps : dans certains magasins, il y a jusqu’à 24 collections par an. Ça coûte pas mal d’argent et de temps de rester à la page, mais au final, on n’y arrive jamais. C’est pour ça qu’il faut développer son propre style, qui peut rester le même au fil des années.
Deuxièmement : passer de l’abondance à une limite. On vit dans une société d’abondance. Il faut donc se fixer une limite. Pas forcément financière, car la fast fashion rend les vêtements très abordables. En général, on pense qu’on maîtrise la situation. Mais les statistiques, qui ne concernent souvent que les autres, montrent qu’on ne porte jamais, voire au maximum cinq fois, un tiers de nos vêtements, et qu’un vêtement est porté en moyenne 7 à 10 fois. Se fixer des limites peut nous donner l’impression de passer à côté de quelque chose. Mais ça nous permet de découvrir le plaisir des petites choses ou de celles qu’on a déjà. Pour respecter une limite, un budget, ça aide.
Troisièmement : il faut laisser de côté les illusions et regarder la réalité en face. J’aurai 35 ans demain ! Je n’ai pas besoin d’avoir l’air d’une fille d’une vingtaine d’années ! Regarder la réalité en face, ça veut dire acheter des vêtements à ma taille, pas une taille en dessous ! Il s’agit de s’accepter tel qu’on est. Oui, il faut prendre soin de son corps. Mais le meilleur moyen de s’améliorer, c’est d’admettre qu’il y a un problème ! Et notre problème, c’est qu’on se laisse souvent dominer par un idéal qui, au final, ne nous apporte pas la liberté, mais nous mène à l’oppression !
Questions possibles pour le petit groupe
Lire le passage biblique : Luc 12,22–31 ; Genèse 3,7–10 et 21
- Quel effet les vêtements ont-ils sur toi ? À quel point influencent-ils ton apparence et la façon dont les autres te perçoivent ?
- Dans quels domaines es-tu tenté(e) de chercher ta valeur ou ton identité à travers ton apparence ? Qu’est-ce que tu aimerais peut-être faire passer à travers tes vêtements, ton style, ton corps ou ton attitude ?
- Adam et Ève essaient de se couvrir eux-mêmes pour cacher leur honte. Où retrouve-t-on ce schéma dans notre propre vie ? Que faisons-nous pour cacher notre manque d’assurance, notre honte ou notre sentiment d’insuffisance ?
- Pierre parle d’une beauté qui vient « de l’intérieur ». Qu’est-ce que ça veut dire concrètement pour toi ? Quelle beauté intérieure aimerais-tu voir s’épanouir davantage dans ta vie ?
- « Un disciple de Jésus agit parce qu’il est revêtu. Une personne religieuse agit pour se revêtir. » Qu’est-ce que cette phrase te fait ressentir ? Dans quelles situations agis-tu peut-être encore pour prouver quelque chose à toi-même ou aux autres ?
- Dieu habille Adam et Ève. Qu’est-ce que ça signifie pour toi que Dieu ne se contente pas de mettre à nu notre honte, mais qu’il la couvre lui-même ? Qu’est-ce qui change quand tu tires ta valeur de lui ?
- Quelle mesure concrète pourrais-tu prendre pour aller vers plus de « simplicité » dans ta garde-robe ? Par exemple : acheter moins, développer ton propre style, te fixer un budget, faire tes achats de manière plus réfléchie ou ne pas te définir autant par ton apparence.

