Simplicité | Le langage du cœur
série : Facile à utiliser. Silencieux. Présent. | Texte biblique : Luc 6,43–45
Nos paroles ont du pouvoir. Elles peuvent réconforter et encourager, mais aussi blesser et décourager. Souvent, ce qu’on dit en dit plus long sur nous-mêmes qu’on ne le pense – parce que nos paroles viennent du fond du cœur. Ce qu’on dit révèle ce qui compte pour nous, qui on est et ce qui guide notre vie. C’est pour ça que ça vaut le coup d’y regarder de plus près : qu’est-ce qui remplit notre cœur – et comment faire pour que nos paroles soient de plus en plus imprégnées de Jésus ?
Une personne prononce en moyenne 13 000 mots par jour. C’est ce qu’a révélé une étude qui a analysé les fichiers audio de 2 197 personnes. Et oui, statistiquement, c’est vrai que les femmes parlent plus que les hommes. En moyenne, environ 1 500 mots de plus par jour. Mais la plus grande différence se situe au niveau des individus : ça va de 100 à 120 000 mots par jour ! Les générations parlent aussi à des rythmes différents. Les ados (10–17 ans) prononcent environ 8 900 mots. Les jeunes adultes (18–24 ans) environ 12 200 mots. Les adultes (25–64 ans) environ 16 500 mots. Les seniors (65 ans et plus) environ 9 450 mots. On a donc entre 100 000 et 120 000 occasions par jour de faire la différence – en bien ou en mal !
Simplicité
Comme pour tout ce qu’on aborde cette année, ce n’est pas le sujet dont on parle qui est l’objectif principal, mais le fait d’être proche de Jésus et de devenir comme lui ! S’exercer à la simplicité n’est pas une fin en soi, mais un moyen. Quand on parle de simplicité, la question qui se pose est : « Qu’est-ce que mon cœur possède ? » La question des biens est très importante ici, mais je n’aborderai ce sujet que très brièvement dans le prochain sermon. Si ce thème t’intéresse davantage, n’hésite pas à rechercher la série sur les biens et la foi publiée il y a un peu moins d’un an.
Au fond, la simplicité, c’est avant tout une question d’identité. Qui suis-je ? Qu’est-ce qui me définit ? Qui détermine ma valeur ? Choisir soi-même la simplicité, c’est ne pas laisser notre identité dépendre de choses extérieures ! Le contraire de la simplicité, ce n’est pas la complexité. Notre vie dans le monde d’aujourd’hui est complexe, et ça ne va pas forcément devenir moins compliquée si on vit plus simplement. Le contraire d’une vie marquée par la simplicité, c’est une vie plate, insipide et superficielle.
Dans cette série de prédications, on va se pencher sur trois thèmes qui ont tous un rapport avec le cœur humain. Aujourd’hui, on commence par le langage. Parce que c’est le lien direct avec notre cœur. Dimanche prochain, on parlera des vêtements. Comme le dit le proverbe : « L’habit fait l’homme. » Notre rapport aux vêtements a beaucoup à voir avec notre cœur. La dernière prédication portera sur la simplicité du plaisir. On va partir à la recherche du vrai plaisir.
Cœur
« Mais surtout, garde bien ton cœur, car c’est lui qui influence toute ta vie » (Proverbes 4,23 NLB). Le cœur humain est considéré comme le siège des pensées (l’esprit), de la volonté, des émotions et du sens du bien et du mal (la conscience). Ce n’est pas seulement une pompe anatomique, mais le centre de la personne ! C’est là que réside notre langage ! Il révèle ce qui compte pour nous ! Comment on pense ! Qui on est !
La langue fait toujours ça : que ce soit en situation de stress, en famille, lors d’un rendez-vous à la banque pour un prêt immobilier, pendant un entretien d’embauche, dans les échanges avec tes supérieurs, sur Instagram ou dans les discussions à l’église. Elle nous dévoile tels qu’on est ! Selon la situation, le langage flatte, provoque, confronte, encourage, embellit, etc. Il révèle l’image qu’on aimerait donner de nous-mêmes !
Le cœur, c’est super important. Parce que « Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, et un mauvais arbre ne peut pas en porter de bons. On reconnaît un arbre à ses fruits. On ne trouve pas de figues sur des ronces, ni de raisins sur des mûriers. » (Luc 6,43–44 NLB). Un bon arbre est bon par nature. Ça se voit aussi à ses fruits. Mais qu’est-ce qu’un fruit ? C’est ce qui ressort de la vie d’une personne. Ça se voit dans ses paroles, dans ses actes et dans ce qui en découle.
Maintenant, on va se pencher sur le verset clé, le verset 45. « L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur, et l’homme mauvais tire le mal du sien ; car c’est de l’abondance du cœur que parle sa bouche » (Luc 6,45 ELB). Ce verset nous dit deux choses sur le cœur humain. Premièrement, c’est un trésor, quelque chose qui a un potentiel et une valeur immenses. Deuxièmement, il est insondable. La plénitude du cœur montre qu’il recèle d’innombrables pensées et sentiments. Regarde deux amoureux tout juste tombés amoureux (peu importe leur âge).
La quantité incroyable de pensées et d’émotions, ça ne fait aucun doute ! Mais la question centrale, c’est de savoir si c’est un trésor précieux. Ce qui m’occupe et m’intéresse façonne mon cœur ! Récemment, j’ai remarqué à quel point la plupart de nos films et séries sont chargés de connotations sexuelles. Quand je m’y intéresse, ça influence ma façon de penser. Dans l’église où j’ai grandi, il y avait une famille anglophone qui disait ne jamais écouter la radio chez eux, parce qu’il y a tellement de musique en anglais et que leurs enfants la comprennent et commencent à parler comme ça. À l’époque, ça me faisait rire – mais plus maintenant. De temps en temps, par curiosité, je consulte des sites d’annonces immobilières. Plus je le fais, plus je me dis qu’il nous faut absolument avoir notre propre maison ! Grâce aux nombreuses applications de mon smartphone, je peux suivre chaque jour l’évolution de mon épargne-retraite. Je remarque vite que des craintes pour l’avenir commencent à s’installer.
Attention : ne dis pas : « Résilie ton abonnement Netflix, n’écoute plus que de la musique chrétienne, ne t’achète pas de maison, n’investis pas dans l’avenir. » Ce que je veux souligner, c’est que ce à quoi je m’intéresse me façonne ! C’est inévitable !
Langue
Pour rester sur l’image de l’arbre : le fruit, c’est inévitable. La question, c’est de savoir s’il est bon ou mauvais. Et c’est dans ton cœur que ça se joue. Ça dépend de ce qui compte pour toi ! En ce qui te concerne, qui tu es ! Si ta valeur dépend de certaines choses, tu feras tout pour les conserver. Si ta valeur dépend de ce que Dieu dit de toi, tu feras tout pour l’honorer. Comment savoir si quelque chose d’autre compte dans ton cœur ? Observe ce que tu dis ! Les mots te trahissent ! Toujours ! Est-ce que je veux impressionner quelqu’un ? « Désolé, je ne voulais pas dire ça » – mais si (si on est honnête avec soi-même) ! Est-ce que je veux me sentir mieux ? Est-ce que je ne pense qu’à moi ?
Le sermon d’aujourd’hui, c’est une invitation à mettre ta façon de parler au service de ta vie de disciple de Jésus. Ça concerne certains plus que d’autres. Je suis considéré comme très extraverti, et les gens comme moi ont sûrement plus de mal avec ça.
Parce que quand on parle de langage, ça veut aussi dire parler moins. C’est le premier point. Parler moins, c’est pécher moins. « Ne parle pas trop, ça mène au péché. Sois malin et retiens tes paroles ! » (Proverbes 10,19 NLB). Le péché, c’est rater le but. Le but, c’est d’honorer Dieu par mes paroles ! Le péché, c’est rater le but. Le but, c’est d’honorer Dieu par mes paroles. D’où ce conseil : si je parle moins, j’ai moins de chances de dire des choses qui ne correspondent pas à cet objectif. En plus, les gens nous écoutent aussi quand on ne parle pas tout le temps. Et puis, on laisse de la place aux autres pour qu’ils puissent s’exprimer. Beaucoup, moi y compris, veulent être intéressants. Et si, au contraire, on s’intéressait aux autres ?
Deuxièmement, il faut dire la vérité. On ne doit pas mentir, c’est clair pour beaucoup d’entre nous. Mais il arrive quand même souvent qu’on ne dise pas toute la vérité, qu’on omette des choses ou qu’on enjolive la réalité. En général, on ment pour deux raisons : « j’ai peur » ou « je veux ». C’est pourquoi il faut être clair dans ce qu’on dit. Dire ce qu’on veut, sans manipuler. « Dites simplement »oui” ou “non”. Tout mot de plus vient du mal. » (Matthieu 5,37 NLB).
Enfin, il faut que nos paroles soient une bénédiction et non une malédiction. Ne pas rendre la pareille. « Si vous êtes persécutés parce que vous appartenez au Christ, ne maudissez pas vos persécuteurs, mais priez pour qu’ils reçoivent la bénédiction de Dieu » (Romains 12,14 NLB).
Ce verset est un excellent principe de base quand on réfléchit à la façon de s’exprimer. « Évitez les propos malveillants ; au contraire, ce que vous dites doit être bon et édifiant pour les autres, afin qu’ils soient encouragés dans la foi »(Éphésiens 4,29 NLB). Ici, le mot utilisé pour « mauvais » est le même que celui qui désigne un fruit pourri : pourri, avarié. Nos paroles doivent édifier, pas démolir ; elles doivent encourager, pas décourager ; elles doivent diriger vers Dieu.
Je t’invite chaleureusement à réfléchir à ce que tu comptes faire la semaine prochaine. L’objectif, ce n’est pas cet exercice. L’objectif, c’est plutôt de faire une place à Jésus dans ma façon de parler. Essayer de parler comme Jésus va forcément nous mener dans ses bras. Car si je souhaite que sa marque soit présente dans ma vie, alors je vais m’intéresser à lui !
Questions possibles pour le petit groupe
Lire le passage biblique : Luc 6,43–45
- Quelle phrase ou quelle idée de l’homélie t’a particulièrement marqué(e) – et pourquoi ?
- Luc 6,45 dit : « Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. » À ton avis, qu’est-ce que ta façon de parler révèle de ton cœur ? Y a‑t-il quelque chose que tu as déjà pris conscience à ton sujet grâce à tes propres mots ?
- Dans quelles situations tu remarques que tes paroles « sortent du fond du cœur » particulièrement vite ? Par exemple quand tu es stressé, en famille, en cas de conflit, au boulot ou sur Internet.
- Lequel de ces trois points te pose le plus de difficultés : parler moins, dire la vérité ou bénir par tes paroles ? Pourquoi celui-là en particulier ?
- Y a‑t-il des mots que quelqu’un t’a dits un jour et qui te marquent encore aujourd’hui – en bien ou en mal ? Qu’est-ce qui a rendu ces mots si puissants ?
- Qu’est-ce qui te tient particulièrement à cœur en ce moment ? Quelles personnes, quels médias, quelles conversations, quelles pensées ou quels sujets t’influencent – et comment ça pourrait se refléter dans ta façon de parler ?
- Si tu veux laisser plus de place à Jésus dans ta façon de parler : quelle action concrète aimerais-tu essayer cette semaine ? Par exemple, écouter plus attentivement, parler moins, aborder un sujet avec sincérité, encourager quelqu’un ou éviter de donner une réponse blessante.
