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série : Facile à utiliser. Silencieux. Présent. | Texte biblique : Psaume 73 ; Jean 20,24–28
On a en nous une soif profonde de quelque chose de plus. Peu importe ce qu’on essaie pour apaiser cette soif, on n’arrive jamais au point où on se dit que ça suffit. Seule une rencontre personnelle avec Jésus ressuscité peut apaiser cette soif. C’est seulement comme ça qu’on peut vivre dans la paix surnaturelle de Dieu.
Est-ce que quelqu’un se souvient encore de ces pubs Snickers ? On y voit un groupe d’amis et une femme âgée qui râle, ou un monstre qui met tout sens dessus dessous. Puis l’un des amis sort un Snickers et dit quelque chose comme « Chaque fois que t’as faim, tu te comportes comme une diva ». Le slogan, c’est : « Tu n’es pas toi-même quand tu as faim ». Cette pub a bien marché, pourquoi ? Parce que la plupart des gens pouvaient s’y identifier d’une manière ou d’une autre. Peut-être que tu connais aussi cette situation, que ce soit pour toi, un ami, ton enfant ou n’importe qui d’autre. En anglais, il y a même un mot pour ça : « hangry ». Une combinaison de « hungry » (faim) et « angry » (en colère). J’ai demandé à mon mari si c’était pareil pour moi, mais il n’a pas osé répondre… c’était avant le repas. Non, j’ai bien peur qu’il ait répondu oui. Que ce soit la faim, le manque de sommeil ou le stress, et donc le manque de calme et de pauses qui va avec. Quand on ressent un manque, ce n’est généralement pas notre meilleur côté qui ressort. Parfois, cette personne qu’on devient nous est tellement désagréable et étrangère qu’on serait bien d’être d’accord avec la pub Snickers et de dire « je ne suis pas moi-même quand j’ai faim ».
Notre envie
On peut agir concrètement contre la faim, le manque de sommeil et le stress. Le problème, c’est qu’au plus profond de nous, il y a encore un autre type de faim. Cette faim-là nous pousse aussi à agir. C’est un désir que l’on essaie d’assouvir de différentes manières. Une option qu’on peut choisir, c’est l’activisme. Toujours vivre quelque chose, toujours être en mouvement. Chaque événement, chaque aventure doit surpasser la précédente. Une autre option, c’est la possession. Et celle-là se manifeste souvent de manière plus subtile qu’on ne le pense. Je ne veux pas de maison. Pour moi, ça irait aussi de vivre sans voiture, et mon portable, il suffit juste qu’il marche, le reste m’est égal. Mais tu sais à quel point ça fait du bien de commander une paire de chaussures sur Zalando quand tu ne te sens pas très bien ? En plus, je craque complètement quand il s’agit d’appareils de cuisine et d’ustensiles de pâtisserie. Et en ce moment, il ne faut surtout pas que j’entre dans un magasin d’articles pour bébés ! Quand la possession est un moyen d’assouvir notre soif, il s’agit rarement des grands symboles de statut social, mais plutôt des petits plaisirs qu’on s’accorde tout simplement. On peut aussi essayer d’apaiser cette faim par des réussites : un diplôme, un titre ou un poste convoité au travail. Et enfin, on essaie d’apaiser cette faim par le biais des relations. Ça peut être la relation avec nos parents, nos enfants ou petits-enfants, notre partenaire ou un bon ami d’une amie. On essaie alors de s’attacher à cette personne et de tirer suffisamment de cette relation pour apaiser cette faim intérieure. Le problème, c’est qu’avec toutes ces possibilités, on n’en aura jamais assez. Pas besoin qu’il y ait une crise, mais peu importe ce qu’on a de tout ça, ce n’est jamais assez tant qu’on n’en a pas un peu plus. Sois honnête avec toi-même : qu’est-ce qui manque encore dans ta vie pour que tu te sentes comblé ?
La vraie faim
Mais d’où vient cette faim insatiable ? J’ai deux bonnes nouvelles pour toi. Premièrement, tu n’es pas tout seul. Tu peux ouvrir la Bible et tu n’auras pas besoin de lire très longtemps avant de tomber sur les deux premiers personnages qui avaient presque tout et pour qui ça n’était pourtant pas suffisant. Après ça, tu trouveras à nouveau, au plus tard toutes les quelques pages, quelqu’un chez qui ce phénomène se manifeste. Pour faire court, c’est un fil rouge qui traverse toute la Bible. C’est toute une galerie de personnages qui cherchent toujours plus. Deuxièmement, cette soif n’est pas le résultat de notre nature pécheresse. Au contraire, je crois même que c’est Dieu lui-même qui a mis cette soif en nous. Et c’est justement cette soif qui recèle un immense potentiel, pour le meilleur comme pour le pire. Si tu as déjà assisté à quelques offices religieux dans ta vie, ou même si tu as grandi dans un milieu religieux, tu sais bien sûr que seul Jésus peut apaiser nos aspirations. Très bien, tu as bien suivi. Mais honnêtement, est-ce qu’on vit ça au quotidien ? Tu crois en Jésus et tes aspirations s’envolent comme par magie ?
Thomas le glouton
J’aimerais te faire découvrir l’histoire d’un jeune homme de la Bible. Bon, c’est plutôt juste un moment de son histoire, mais un moment qui en dit long ! C’est quelqu’un qu’on a tendance à mépriser, même si beaucoup d’entre nous se reconnaissent en lui. Il s’agit de Thomas. C’est l’un des douze disciples de Jésus et, à ce titre, l’un de ses plus proches compagnons pendant des années. Thomas a vu des signes et des miracles, et il était souvent au premier rang lors des prêches de Jésus. Thomas était très fidèle à Jésus. En effet, quand il a été question d’aller voir Lazare à Béthanie, les disciples ont essayé de dissuader Jésus de cette idée, car Béthanie se trouve juste à côté de Jérusalem et Jésus avait failli y être lapidé peu de temps auparavant. Seul Thomas a dit sans détour qu’il irait avec lui, même s’il devait mourir. Un message clair. Mais si on avance de quelques semaines, on découvre soudain un autre Thomas. Un Thomas affamé. Son Jésus a été crucifié et mis au tombeau. Tout semble perdu et tout espoir s’est éteint. Il n’est plus lui-même et se replie sur lui-même. C’est pour ça qu’il n’était pas là quand Jésus ressuscité a rencontré les autres disciples. On peut lire ça dans Jean 20. «Mais Thomas, l’un des Douze, surnommé Didyme, n’était pas avec eux quand Jésus est venu. Les autres disciples lui ont alors dit : « On a vu le Seigneur. » Mais il leur a répondu : « Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, si je ne mets pas mes doigts dans la marque des clous et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. ».» (Jean 20,24–25 ELB). Thomas a vécu tant de choses avec Jésus, et pourtant, ça ne semble pas suffire. Il a en lui un désir profond, celui de faire l’expérience de Jésus ressuscité de tous ses sens. N’oublions pas non plus que les autres disciples savent bien parler. Au début, eux non plus n’ont pas cru les femmes quand celles-ci leur ont parlé du tombeau vide ; ce n’est qu’après l’avoir vu eux-mêmes qu’ils y ont cru. Tu peux croire en Jésus, en sa vie, en sa mort et au tombeau vide. Tu peux respecter les commandements de Dieu et faire ce qu’il faut toute ta vie. Pourtant, il peut rester en toi une soif, comme chez Thomas. Et tôt ou tard, cette soif va te plonger dans le doute. La question, c’est de savoir comment on gère ça. Est-ce qu’on refoule ce doute au point de se détourner de Dieu, ou est-ce qu’on peut l’exprimer librement et ouvertement, comme Thomas ?
La réponse de Jésus
La réaction de Jésus face à ça est, une fois de plus, tellement magnifique. On lit dans les versets suivants : «Et huit jours plus tard, ses disciples étaient de nouveau réunis à l’intérieur, et Thomas était avec eux. Jésus est arrivé alors que les portes étaient fermées, s’est placé au milieu d’eux et a dit : « Paix à vous ! » Puis il s’est adressé à Thomas : « Avance ton doigt et regarde mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté ; ne sois pas incrédule, mais crois ! »» (Jean 20,26–27 ELB). Jésus s’adresse presque tout de suite directement à Thomas. Et il ne se contente pas de lui parler personnellement. Il répond précisément aux besoins que Thomas avait exprimés auparavant. Les autres disciples étaient déjà convaincus. Le coup d’envoi pour porter l’Évangile dans le monde était donné. Jésus n’avait pas besoin de convaincre Thomas. Non par intérêt personnel, mais par pur amour, Jésus va à la rencontre de Thomas, d’égal à égal. Pour être sauvé, il suffit de croire en Jésus, en la croix et en la résurrection. Par pur amour, Jésus ne s’arrête pas là, mais il nous donne la possibilité de le rencontrer personnellement. Car dès le début, le but, c’est de rétablir la relation entre les hommes et Dieu, et le fruit de cette relation rétablie, c’est la rencontre intime avec Dieu.
Mon Seigneur et mon Dieu
Cette rencontre nous touche profondément. La Bible ne dit presque rien d’autre sur Thomas. Pourtant, d’autres sources nous apprennent qu’il aurait porté l’Évangile jusqu’en Inde, où il a ensuite trouvé la mort en martyr en 72 apr. J.-C. Il avait annoncé qu’il irait à la mort pour Jésus, et la rencontre avec le Messie ressuscité lui a donné la force et la foi nécessaires pour aller jusqu’au bout de ce chemin. Mais ce que je veux surtout souligner ici, c’est ce qu’on peut encore lire au verset 28, à savoir la réponse de Thomas. «Thomas répondit et lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »» (Jean 20,28 ELB). À Thomas, ça suffit de voir Jésus. Il n’a même plus besoin de toucher ses blessures. La rencontre suffit à elle seule. Sa réponse est d’une part révolutionnaire, car Thomas est le premier à désigner Jésus non seulement comme le Fils de Dieu, mais directement comme Dieu. D’autre part, il ne dit pas simplement « Seigneur et Dieu », mais « MON Seigneur et MON Dieu ». Dans cette déclaration, la révérence côtoie l’intimité. C’est le résultat d’une rencontre personnelle avec Jésus. Ça nous met à genoux par respect pour notre Dieu et, en même temps, ça crée une intimité qui va plus loin que n’importe quelle autre relation.
Ton Dieu, mon Dieu
Thomas a vu de nombreux miracles et prodiges de ses propres yeux. Maintenant, il vit le miracle qui s’opère en lui. Le fait est que si tu ne fais pas personnellement l’expérience de la présence de Dieu et que tu ne le rencontres pas dans le silence, ta foi reste celle des autres. Ta faim, ton désir restent insatisfaits. Tu resteras coincé dans ce sentiment qu’il te faudrait encore un petit peu plus pour que ce soit suffisant. On reste sans répit dans cette quête, sans trouver ni repos ni paix intérieure. Il existe un critère très simple qui permet de savoir si on vit dans cette paix ou si on est peut-être encore tourmenté par cette soif insatisfaite. Est-ce qu’on se réjouit pour l’autre quand il a ce qu’on désire du fond du cœur ? Peux-tu te réjouir du succès, des biens ou des longues vacances d’une autre personne, ou est-ce qu’un soupçon d’envie se fait quand même sentir ? Je ne veux pas te faire culpabiliser, mais t’encourager à ne pas simplement refouler ces sentiments. Considère ça comme une invitation à te tourner vers Dieu. Oh, comme ma jalousie était grande pendant ces années où j’étais seule et où tout le monde autour de moi était en couple, fiancé ou marié. Et puis à nouveau, quand j’avais l’impression que toutes celles autour de moi étaient enceintes et avaient des enfants, alors que mois après mois, je ne tombais pas enceinte, et qu’en plus, on a perdu deux enfants. Les deux fois, ça a été tout un parcours. Tu ne peux pas forcer cette rencontre profonde et intime avec Jésus. Même pour Thomas, c’est Jésus qui est venu vers lui, et non l’inverse. Mais on peut quand même tendre vers lui. C’est à nous de chercher Jésus de tout notre cœur et d’orienter notre désir vers l’expérience de sa présence. Je vis ça à petite échelle encore et encore dans mon quotidien, mais comme je l’ai déjà mentionné, il y a eu des moments dans ma vie où j’ai dû m’engager de manière particulièrement intense dans ce processus. Les deux fois, ça ne s’est pas fait en deux ou trois prières. Ça a pris des heures et des jours de prière, une persévérance qui s’est étendue sur des semaines et des mois. Pour moi, David est un grand modèle à cet égard. Dieu dit de lui personnellement qu’il est un homme selon son cœur. Dans les Psaumes, on peut lire à maintes reprises que David cherchait Dieu de tout son cœur. Il aspirait de tout son être à voir la gloire de Dieu. Je me réjouis qu’on chante tout à l’heure un cantique inspiré de l’un de ces Psaumes, le Psaume 63. Il n’y a pas de mode d’emploi ni de recette miracle, mais il existe bel et bien des outils utiles. On en a déjà beaucoup entendu parler ces dernières semaines et ces derniers mois. Pour finir, j’aimerais te faire part de ce qui m’a particulièrement aidé dans ces processus et qui pourrait peut-être t’aider toi aussi. D’une part, il y a eu les psaumes déjà mentionnés. Le psaume 63, en particulier, est devenu pour moi une prière personnelle que je récitais à chaque fois pour commencer mon temps de recueillement. D’autre part, il y a eu le jeûne. Le jeûne ouvre ton esprit d’une manière particulière à la présence de Dieu et, en plus, tu t’entraînes avec ton corps à mettre de côté tes besoins matériels. Et pour finir, il y a eu la prière, surtout l’adoration en communauté, mais aussi chez moi, toute seule. J’ai appris à adorer Dieu non seulement à travers les chants prévus le dimanche matin, mais aussi tout simplement avec mes propres mots, à tout moment de la journée, n’importe où, seul ou avec d’autres. Ça m’a ouvert les portes du ciel pendant cette période. Du fond du cœur, je souhaite et j’aspire sans cesse à cette rencontre personnelle avec le Ressuscité. Tout autant, je souhaite à chacun d’entre vous, ici dans cette salle et chez toi devant ton écran, de vivre cette rencontre personnelle, et que tu aies le courage et la persévérance de te lancer avec ardeur à la recherche de cette rencontre, pour découvrir comment ta soif la plus profonde y sera assouvie.
Questions possibles pour le petit groupe
Lisez ensemble le Psaume 73 ou les versets de Jean 20,24–28
- Connais-tu les mécanismes que tu utilises pour essayer de combler ta faim intérieure ? Lesquels ? (Activité, réussite, possessions, relations)
- Y a‑t-il des choses que tu as particulièrement du mal à laisser ton interlocuteur profiter ?
- Comment ça se passe dans ton cœur en ce moment ? Est-ce que ta foi, en ce moment, relève plutôt de la raison, ou est-ce que tu vis en fonction de ta relation personnelle et intime avec Jésus ?
- Quels outils t’aident à t’ouvrir à Dieu après chaque rencontre personnelle avec Lui ?
- Concrètement, qu’est-ce que tu vas faire ces deux prochaines semaines pour rechercher la présence de Dieu ?


